Intro: Time Warp | I Want You so Hard (Boy’s Bad News) | I Got a Feelin’ (Just Nineteen) | Cherry Cola | I Like to Move in the Night | Solid Gold | Don’t Speak (I Came to Make a Bang!) | Keep Your Head Up | The Ballad of Queen Bee and Baby Duck | Poor Doggie | Chase the Devil | Eagles Goth | Shasta Beast | Bag o’ Miracles | I Only Want You | Complexity (Boots Electric) | I Love You All the Time | You will never walk alone (Gerry and the Pacemakers) | Heroes (David Bowie) | Speaking in Tongues / The Ace of Spades (Motörhead) / Speaking in Tongues
Je me vois déjà sortir de là en faisant le malin avec des blagues du genre « aaaaah, enfin un concert d’Eagles of Death Metal normal ». Et sans prévenir, un Jesse Hughes submergé d’émotion fait voler mes illusions en éclat dès sa montée sur scène.
Paris ne connaîtra plus jamais de concert d’Eagles of Death Metal normal.
Comme pour l’Olympia de 2016, la soirée vire d’entrée de jeu à la communion. Je ne sais pas combien d’entre nous ont un lien, direct ou indirect, avec l’attentat. Beaucoup, sûrement. Et même toute la salle, quand on y réfléchit. Être là, c’est venir ou revenir pour soi, pour eux, et surtout en l’honneur de ceux des nôtres qui ne reviendront plus.
Ce concert, c’est une histoire de famille. Il est presque tribal. The Fast and the Furious avec des cheveux. Revenir au noyau dur, c’est revenir à l’essentiel ; la convivialité de la musique, les décibels, la joie, la sueur, la communion. Ce qui nous unissait à l’origine. Être ensemble. Se sentir entouré. Se sentir. Entourer.
Le Jesse Hugues – qui, au final, est le seul membre du groupe du concert du Bataclan présent ce soir – a fait venir sa famille, mais il lui en faut plus. Alors il plonge dans la foule, arpente les travées de la salle, serre des mains, étreint des épaules. Les yeux brillants, il craque de temps en temps. Mais il ne sombre pas. Pas étonnant qu’il se soit tatoué le blason de Paris au format XXL sur le dos.
Le moment est intense, mais jamais solennel. Ça reste un concert de rock, berdel. L’émotion est là, mais elle revient à sa forme la plus brute. De l’énergie. De l’adrénaline. Hughes hurle, harangue, et vide son Dr. Pepper cul sec. C’est bien la première fois que je vois une salle entonner Il est des nôtres en chœur comme ça. La cohésion est aussi belle que lorsque Hughes enfonce le clou avec You’ll Never Walk Alone, repris avec la même chorale que l’année dernière dans ce qui reste le point d’orgue de la soirée, avant une reprise de Heroes émouvante et un Speak in Tongues enflammé qui closent la soirée.
La Cigale met de longues minutes à se vider de ces sourires et ces embrassades. You’ll never walk alone. Nous marchons ensemble vers la sortie, mais aussi vers la suite. Nos suites.
Souvent les fans de musique vous disent qu’un bon concert, ça remplace une séance de thérapie. S’il n’en fallait qu’un exemple, ce sera celui-ci.
















































