Bled podnevi.

Lac de Bled, 21 février 2026.

Et à part ça…

Il y a vingt-deux ans, les Pistons de Détroit étaient en finale NBA.

Il y a vingt-et-un ans, les Pistons de Détroit étaient encore en finale NBA.

Il y a vingt ans ans, les Pistons de Détroit étaient en vacances après s’être fait vider comme des nases en 7 manches de finale de conférence par Miami.

Il y a dix-neuf ans, les Pistons de Détroit étaient toujours en vacances, cette fois-ci grâce à Cleveland.

Il y a dix-huit ans, j’en avais marre de ressasser chaque année des histoires de basket, ce sport de nase, tout ça à cause de la grève de 2004 qui m’avait forcé à causer dès l’origine de basket, ce sport de nase, plutôt que de hockey sur glace, qui est un VRAI sport. Cette année-là, donc, les Red Wings de Détroit emportèrent le championnat et tout le monde fut content, sauf moi1.

Il y a dix-sept ans, j’étais persuadé que Détroit allait redevenir champion en regagnant contre rePittsburgh puisque le 7e match de la finale, c’était le soir-même et que sur les 14 fois précédentes où la coupe s’était jouée en 7 manches, l’équipe qui accueillait avait gagné 12 fois. Je pensais que c’était pas plus mal, parce que ça allait donner au moins un truc à fêter dans le Michigan cette année-là. Manque de pot, Pittsburgh gagna 2-1, ce qui prouva bien que dans la vie, rien n’est gagné d’avance.

Il y a seize ans, Détroit s’était fait éliminer par San Jose en demi-finale de conférence, Chicago avait remporté le championnat pour la première fois depuis 1961 et se rebaptisait Hawkeytown pour faire la nique au Hockeytown de Détroit, ce que je trouvais fort drôle car j’ai toujours préféré Chicago à Détroit.

Il y a quinze ans, Détroit s’était encore fait éliminer par San Jose en demi-finale de conférence alors que Chicago s’était injustement fait sortir par Vancouver dès les quarts de finale de conférence en prolongation après avoir remonté un déficit de 3 matchs et imposé une 7e manche. Du coup c’était Vancouver qui allait gagner. Ou Boston. Oui, finalement c’était Boston.

Il y a quatorze ans, Nashville, non content d’avoir piqué Jack White et ses potes à Détroit, en avait profité pour également les éliminer au premier tour, pendant que Chicago se faisait sortir par Phoenix dès le premier tour aussi. Pas de jaloux cette année-là, donc, et Los Angeles avait pu en profiter pour niquer tout le monde en se qualifiant à l’arrache pour les séries avant de dégager sans mal et dans l’ordre le 1er, le 2e puis le 3e de la conférence et finalement New Jersey cette nuit-là-même pour gagner le premier championnat de leur histoire et oublier leur finale perdue en 1993 contre les traîtres et les faux-jetons.

Il y a treize ans, Détroit et Chicago se rencontraient en demi-finale de conférence pour la dernière fois et c’était Chicago qui avait gagné de justesse en 7 matches après avoir été menés 3 victoires à 1. Détroit se retrouvait donc en vacances pendant que Chicago entamait sa finale du championnat ce même soir contre Boston — et s’apprêtait à remporter un 2e titre en 3 ans, donc, mais ça nous ne le sûmes que plus tard —, ce qui promettait une fatigante semaine.

Il y a douze ans, Détroit était en vacances depuis un bon mois après s’être fait éliminer dès le premier tour par Boston et Chicago avait injustement perdu en prolongation du 7e match de la finale de conférence face à Los Angeles, une bande de pâles types qui, à l’heure qu’il était, était en train de remporter la finale face à New York, quoique ayant perdu le 4e match cette nuit-là.

Il y a onze ans, Détroit se faisait vider dès le premier tour en 7 manches par Tampa Bay, qui s’était ainsi frayé un chemin jusqu’en finale contre Chicago, où l’on en était à 2 victoires partout dans une série très très stressante, et je n’avais pas vu de rasoir depuis plus de trois mois, ce qui commençait à gratter. Chicago l’emporta 4 victoires à 2 et tout le monde fut content, surtout moi qui put me raser en chantant.

Il y a dix ans, Détroit et Chicago s’étaient tous fait toquer dès le premier tour 2 mois auparavant, respectivement contre Tampa Bay et Saint-Louis, donc pas de jaloux, et j’attendais que Pittsburgh battît San Jose en finale 4 victoires à 2 en caressant mes belles joues glabres.

Il y a neuf ans, Détroit ne s’était même pas qualifié pour les éliminatoires, ce qui n’était pas arrivé depuis 25 ans, et Chicago avait dégagé dès le premier tour face à des faquins nashvillois que Pittsburgh venait de battre cette nuit-là même pour remporter un troisième titre consécutif.

Il y a huit ans, ni Détroit, ni Chicago ne s’étaient qualifiés pour les éliminatoires, ce qui n’était arrivé qu’une fois dans l’histoire du monde, en 68–69. Cela avait donné des éliminatoires tartes remportés par une équipe de Washington tarte contre une équipe de Vegas un peu moins tarte puisqu’ayant battu le record tous sports étasuniens confondus de la meilleure première saison de l’histoire (et ce, malgré leur logo tarte).

Il y a sept ans, Détroit et Chicago ne s’étaient pas qualifiés non plus, ce qui avait encore donné des éliminatoires tartes où les vainqueurs des deux conférences s’étaient fait vider comme des bouses dès le premier tour, ce qui n’était jamais arrivé, et une finale pas très intéressante entre Boston et Saint-Louis qui se closit ce soir-là lors du 7e match, qui eu lieu à Boston et qui, d’après les statistiques, aurait dû voir Boston gagner cette année encore sauf que non, ce fut Saint-Louis.

Il y a six ans, Détroit et Chicago ne s’étaient toujours pas qualifiés non plus sauf que, le Covid passant par là, les éliminatoires eurent lieu à partir du 10 juillet avec une équipe de Chicago repêchée et éliminée au troisième tour par Las Vegas avant que Tampa Bay finisse par gagner tout ça.

Il y a cinq ans, Détroit et Chicago s’étaient ENCORE pas qualifiés pour les séries et nous étions loin de savoir qui irait en finale (et c’est encore Tampa Bay qui gagna).

Il y a quatre ans, toujours pas de Chicago ni Détroit en vue et Tampa Bay s’apprêtait à gagner un 3e titre en 3 ans, mais contre Colorado… quand tout à coup Colorado l’emporta 4 victoires à 2.

Il y a trois ans, toujours pas de Détroit ou Chicago en éliminatoires, et nous étions bien partis pour voir Las Vegas emporter le bazar vu qu’ils menaient 3 à 1 et en mirent une 4e.

Il y a deux ans, toujours pas de Chicago, ni de Détroit, et la Floride menait joyeusement 2 à 0 contre Edmonton avant de finalement s’imposer 4 victoires à 3.

Il y a un an, toujours pas de Chicago, ni de Détroit, et la Floride menait joyeusement 2 à 1 contre Edmonton oui oui on croirait une erreur de copier-coller de l’année précédente mais non non.

Aujourd’hui, Voilà des années qu’on ne voit plus Chicago et Détroit en éliminatoires, les séries ont été chiantes comme la pluie et je viens de voir que la Caroline a battu Las Vegas dans la nuit pour remporter le mickey 4 victoires à 2. C’était vraiment très intéressant.

 

 

 

 

Il y a vingt-deux ans, je déjeunais avec des cookies Pepperidge Farm au milieu d’un bureau quelque part à Pontiac.

Il y a vingt-et-un ans, je déjeunais avec des cookies Hello® de Lu au milieu d’un bureau quelque part à Évry.

Il y a vingt ans, je déjeunais avec des Prince chocolat au milieu d’un bureau quelque part à Clamart parce qu’on était lundi.

Il y a dix-neuf ans, je déjeunais avec un Panier® de Yoplait au milieu de toujours le même patin de bureau. Je me sédentarisais un peu trop, là.

Il y a dix-huit ans, je déjeunais avec des tartines beurrées au milieu d’encore le même !@#$ de bureau, au secours quelqu’un, mais personne ne vint.

Il y a dix-sept ans, je déjeunais tard avec un sandwich au milieu d’un bureau dont je n’osai même pas avouer l’emplacement.

Il y a seize ans, je déjeunais avec un café au milieu d’un endroit qui n’était pas un bureau, parce que c’était samedi.

Il y a quinze ans, je déjeunais avec un autre café au milieu du même endroit qui n’était pas un bureau, parce que c’était dimanche.

Il y a quatorze ans, je déjeunais avec des cookies Pepperidge Farm Sausalito® (qui sont pas les meilleurs Pepperidge Farm mais il ne me restait que ça) au milieu d’un bureau quelque part dans le XIIIe arrondissement de Paris.

Il y a treize ans, je déjeunais avec un croissant et une pomme, parce que, comme le dit le dicton, « une pomme chaque matin évince le médecin », au milieu du même bureau quelque part dans le XIIIe arrondissement de Paris.

Il y a douze ans, je déjeunais avec des couquies Pepperidge Farm aux grosses grosse pépites de chocolat — les verts —, qui sont de loin les meilleurs couquies Pepperidge Farm de tout l’ouest du Pecos, pour la dernière fois dans le même bureau quelque part dans le XIIIe arrondissement de Paris.

Il y a onze ans, je déjeunais avec un croissant aux amandes assez roboratif pour me tenir la journée, dans un bureau d’un 9e étage du XIIIe arrondissement de Paris.

Il y a dix ans, je ne déjeunais pas encore, car c’était dimanche et que le dimanche, on déjeune tard.

Il y a neuf ans, je déjeunais avec deux Petit écolier – et non pas deux petits écoliers – parce qu’il ne me restait que ça, dans un bureau d’un 9e étage du XIIIe arrondissement de Paris.

Il y a huit ans, je déjeunais avec une viennoiserie pleine de crème anglaise attrapée au vol et avalée dans la ligne 12 du Métropolitain de Paris.

Il y a sept ans, je déjeunais pour la dernière fois dans un bureau quelque part à Clamart avec un snack Manner chocolat – coco.

Il y a six ans, je déjeunais avec un croissant dans un bureau quelque part à Suresnes.

Il y a cinq ans, je ne déjeunais plus parce qu’il était tard, mais dans un appartement du XVIIIe arrondissement de Paris.

Il y a quatre ans, je déjeunais au moyen d’un café dans la cour du même appartement du XVIIIe arrondissement de Paris.

Il y a trois ans, je goûtais au moyen d’une gourde de flotte dans, tenez-vous bien, à nouveau le bureau quelque part à Clamart, ce qui était tout bonnement farfelu.

Il y a deux ans, je goûtais avec un Leibnitz chocolat noir.

Il y a un an, je déjeunais avec un vieux croissant chopé en descendant dans le métropolitain.

Aujourd’hui, je déjeune avec une vieille barre Milka® Oréo trouvée dans un distributeur miteux quelque part à Clamart, ce qui est foufou.

 

 

 

Il y a vingt-deux ans, j’allais voir Franz Ferdinand au Majestic Theater de Détroit.

Il y a vingt-et-un ans, j’allais voir Ghinzu à l’Olympia de Paris.

Il y a vingt ans, j’allais voir si j’allais voir Guillemots à la Boule Noire de Paris ce soir-là ou bien, pour ne finalement pas y aller.

Il y a dix-neuf ans et un jour, les White Stripes au Zénith de Paris. Les trois jours suivants, Mademoiselle K à l’Élysée-Montmartre de Paris puis au Trabendo de Paris. Y’avait pas à dire, on n’avait pas des vies faciles. Et je passais beaucoup trop de temps à Paris.

Il y a dix-huit ans, j’allais voir Supergrass à l’Élysée-Montmartre de Paris, qui comme son nom l’indiquait, était toujours à Paris, donc moi aussi.

Il y a dix-sept ans, j’allais peut-être voir Elmer Food Beat toujours dans le même Élysée-Montmartre de Paris, parce qu’un photographe de rock et de roll a raté sa vie si, à 50 ans, il n’a jamais photographié de chanteur bedonnant en zlip kangourou. Et j’y allai. Ma vie fut sauvée ce soir-là.

Il y a seize ans, après être allé la veille au Stade de France de Saint-Denis, juste à côté de Paris, avec plein de gens, voir Muse se produire, je réallais le soir-même au reStade de France de reSaint-Denis, rejuste à côté de reParis, avec replein de gens, pour revoir reMuse se reproduire. Oh mon dieu. C’était un piège.

Il y a quinze ans, je n’allais rien voir du tout dans aucune salle de Paris car on ne peut pas vivre des trucs intéressants tous les ans non plus.

Il y a quatorze ans, je n’allais rien voir non plus dans aucune salle de Paris non plus, mais seulement parce que je le voulais bien ou bien.

Il y a treize ans, je n’allais voir encore-non-plus parce que va savoir pourquoi.

Il y a douze ans, j’allais voir Tom Vek à la Flèche d’Or de Paris.

Il y a onze ans, je n’allais rien voir non plus parce qu’il y avait bar et qu’on ne peut pas être au mour et au foulin.

Il y a dix ans, j’allais voir la 3e journée du Téléchargement Festival au chevalodrome de Longchamp de Paris pour voir des métalleux, boire des bières et manger des Monster Munch® gratuits.

Il y a neuf ans, je n’allais rien voir du tout car je revenais fort justement du Téléchargement Festival qui avait eu lieu sur l’avionodrome de Brétigny-sur-Orge, un patelin situé loin loin là-bas en banlieue, où j’avais pu voir des métalleux, boire des bières et ne pas manger de Monster Munch® gratuits, comme quoi tout se perdait.

Il y a huit ans, je n’allais rien voir du tout non plus car le Téléchargement Festival tombait cette année-là le 15 juin, et non le 8 comme je l’avait cru toute l’année durant.

Il y a sept ans, je n’allai rien voir non plus car j’avais à nouveau bar, comme quoi l’histoire se répète inlassablement.

Il y a six ans, je n’avais pas mis les pieds dans une salle de concert depuis 3 mois pour d’évidentes raison d’épidémie de grippe-zombie et je me demandais si ça m’arriverait à nouveau un jour, le regard embué de larmes.

Il y a cinq ans, je n’avais pour ainsi dire toujours pas fait de concert depuis un an et quatre mois, ce qui était quand même incroyable cette histoire dites donc. Nous allâmes picoler en terrasse pour oublier ça.

Il y a quatre ans, je n’allais pas en concert non plus, parce que tout ça redémarrait bien lentement.

Il y a trois ans, je n’allais toujours rien voir non plus, car on dirait bien que les temps changaient.

Il y a deux ans, toujours rien, ce qui montrait bien que les temps changaient.

Il y a un an, je n’avais pas vu de concert depuis plus de 3 mois, ce qui en disait encore une fois bien long sur l’évolution de la vie.

Aujourd’hui, je ne vais rien voir non plus mais depuis moins longtemps que l’année dernière, donc ça va un peu mieux, et puis ce soir y a re-bar.

 

 

 

Il y a vingt-deux ans, je m’éveillais le matin au doux son de Bonjour Le Monde !, sur CBEF Windsor, avec Charles Lévesque et Maryse Tourette, dans ma voiture lancée à vive lenteur sur Orchard Lake Road.

Il y a vingt-et-un ans, je m’éveillais au doux son de Marylin Manson, dans mon RER D lancé à vive lenteur sur RER D Trail.

Il y a vingt ans, je m’éveillais au doux son de Wayne Coyne introduisant son acoustique de Thank You Jack White (For the Fiber-Optic Jesus That You Gave Me)2 par « Always read the instructions before plugging in a gift from Jack White. »

Il y a dix-neuf ans, je m’éveillais doucement au doux son de Que de la radio sur la 3, en bénissant une fois de plus le ciel pour avoir inventé la Suisse.

Il y a dix-huit ans, je m’éveillais doucement au doux son de la douce voix d’Émilie Gasc-Milesi visitant le musée d’ethnographie de J’nève, avant d’envoyer Beck chanter Cellphone’s Dead, un titre pas entendu depuis pfioulala-ça-nous-rajeunissait-pas, toujours dans Que de la radio et toujours sur la 3, c’était dingue.

Il y a dix-sept ans, je ne m’éveillais plus car il était tard, mais au son de toujours-la-même-3 qui passait une version jazzy à la guitare de Pump Up the Jam, reprise par The Lost Fingers, qui sonnait super bizarre, je me demandai subitement si je m’étais vraiment éveillé ce matin.

Il y a seize ans, je m’éveillais au doux son de la rediff’ de la première de 2-0 en cabine, la principale attraction de la coupe du monde de foute qu’on était tous fans et que je n’avais pas pu écouter la veille pour cause de Muse. Ignacio Chollet, épouse-moi.

Il y a quinze ans, je m’éveillais au doux son d’Au milieu du village, promenade dominicale, la compilation hebdomadaire du monument de bon goût et de sociologie qu’était Au milieu du village, ce qui montrait bien que je change rarement de crèmerie radiophonique.

Il y a quatorze ans, je m’éveillais au doux son de Plata O Plomo de Soulfly dans Que de la radio, sur la 3 et ce pour la dernière année, vu que le Dujany se cassait à la fin de la saison pour aller voir ailleurs s’il y était, mais seulement après qu’il eut finit d’imiter Max Cavalera dans le poste.

Il y a treize ans, je m’éveillais au doux son du Ghost Rider de Suicide qui closait l’épisode sur le CBGB de la semaine spéciale Famous Nightclubs d’Audioguide dans le Bronx sur devine-un-peu-quelle-radio.

Il y a douze ans, je m’éveillais au doux son d’Anselme, l’invité très très naïf qui ressemblait à une pizza digérée parce qu’il mettait des tonnes d’Axe® pour attirer les filles et qui mourrait bêtement en sautant par la fenêtre parce qu’il venait de boire un Redbull® de Tartare, la chronique débile de dans One-Two l’émission du matin sur évidemment-toujours-la-même-radio, une émission drôle qui s’arrêtait le lendemain parce que la grille d’été commençait dès le lundi et pas au moment des Eurockéennes comme chaque année, ce qui me perturbait beaucoup cette phrase est très longue.

Il y a onze ans, je m’éveillais au doux son de la spiquerine de One-Two (son à 1 h 20 min 22 s dans le fichier) sur c’est-même-plus-la-peine-de-dire-quelle-radio, qui était en train de danser la Carioca avec un Doquin de Saint-Preux qui chantait très, mais alors très très mal.

Il y a dix ans, je m’éveillais au doux sons des Classiques de Marc Ysaÿe sur Classic 21 – car, par tradition familiale millénaire, le dimanche matin, on écoute les Classiques de Marc Ysaÿe – qui nous décrassait l’émetteur avec Modern Times Rock ‘n’ Roll de Queen, sur le premier album, que je n’avais jamais entendu, comme quoi il n’est jamais trop tard pour apprendre.

Il y a neuf ans, je m’éveillais au doux son de la bonne parole de Jean-Gabriel Cuénod expliquant à ses ouailles qu’il faut brûler les saltimbanques, et ce dans le One-Two du matin, toujours sur la même radio.

Il y a huit ans, je m’éveillais au doux son de la voix du Dujany visitant un traiteur annécien avec le Ligron qui nous expliquait comment reconnaître un bon saucisson, et ce sur pour-une-fois-pas-la-même-radio car Bille en tête, ça passait sur la Première.

Il y a sept ans, je m’éveillais au doux son d’RVD2, la série idiote de la 3, qui voyait ce matin-là nos héros continuer leur quête himalayenne vers le monastère dans lequel s’était retirée Sophie Favier, la seule personne en mesure de sauver le monde d’une invasion extra-terrestre. La routine, quoi.

Il y a six ans, je m’éveillais au doux son de l’épisode 37/50 de la série spéciale histoire de la gastronomie de Bille en tête, qui marqua la fin de cette émission qui ma foi aimait bien parler de saucisses.

Il y a cinq ans, je m’éveillais au doux son des commentaires de l’équipe de Footaises qui commentaient le Suisse – Pays de Galles de l’Euro 2020+1.

Il y a quatre ans, je m’éveillais au doux son des Classiques de Marc Ysaÿe, car les années passaient mais la tradition restait, et je réécoutais encore une fois cette incroyable version de Kashmir par Page et Plant en 1995, ce qui ne nous rajeunissait pas non plus.

Il y a trois ans, j’essayais de rester éveillé au doux son des Bras Cassés du soir à l’issue d’une harassante journée de labeur numérique.

Il y a deux ans, je goûtais au doux son de la Série Documentaire sur la mise en œuvre de la Shoah, ce qui n’avait rien de réjouissant, comme programme.

Il y a un an, je m’éveillais le matin au doux son des Bras Cassés du mardi précédent, dans ma ligne 13 lancée à vive lenteur dans son tunnel obscur.

Aujourd’hui, je m’éveille avec une rediffusion de l’Affaires sensibles du 10 octobre 2024 sur la tour Montparnasse qui est quand même sacrément vilaine convenons-en.

 

 

 

Il y a vingt-deux ans, il faisait beau.

Il y a vingt-et-un ans, il faisait beau aussi.

Il y a vingt ans il faisait beau et surtout chaud, j’étais déjà liquéfié alors qu’il n’était que 10 h et ça, ça suçait grave.

Il y a dix-neuf ans il faisait gris, ce qui suçait un peu moins.

Il y a dix-huit ans il faisait gris aussi, ce qui me faisait réaliser que mon histoire se répétait un peu trop, ces temps-là.

Il y a dix-sept ans, il faisait carrément moche. Ça devenait une tradition.

Il y a seize ans, il faisait moche aussi. Je croyais qu’on m’en voulait personnellement.

Il y a quinze ans, GLORIA ALLELUÏA il faisait enfin beau, dis donc.

Il y a quatorze ans, il refaisait remoche. ¡Caramba! Encore raté.

Il y a treize ans, il continuait à faire moche. C’était désespérant.

Il y a douze ans, il faisait beau et chaud. Ou chaud et beau. Je ne savais pas trop.

Il y a onze ans, il fait très beau et très très chaud et je pensais fondre avant ce soir-là (ce qui n’arriva heureusement point).

Il y a dix ans, il ne faisait ni vraiment beau, ni vraiment chaud, ou peut-être le contraire.

Il y a neuf ans, il faisait cheau et baud.

Il y a huit ans, il fait vraiment, vraiment très moche.

Il y a sept ans, il faisait très moche aussi.

Il y a six ans, il faisait vraiment, vraiment, vraiment très moche.

Il y a cinq ans, il faisait vraiment beau et vraiment chaud.

Il y a quatre ans, il faisait vraiment beau et vraiment chaud.

Il y a trois ans, il faisait beau.

Il y a deux ans, il faisait froid et moche et je ne transpirais pas. Meilleur été de ma vie.

Il y a un an, il faisait très très chaud et j’avais peur de devoir m’auto-peler avec un économe émoussé.

Aujourd’hui, il fait encore chaud et je reste caché à faible distance de la climatisation locale.

 

 

 

Il y a vingt-deux ans, nous étions le 12 juin.

Il y a vingt-et-un ans, nous étions le 12 et un jour, ce qui signifiait que j’étais en retard.

Il y a vingt ans, nous étions le 12 juin, ce qui voulait dire que je sais retenir les leçons du passé.

Il y a dix-neuf ans, nous étions encore le 12 juin, et je n’avais réalisé que 5 minutes auparavant que le 12 juin, c’était aujourd’hui.

Il y a dix-huit ans nous étions, c’est fou ça, le 12 juin.

Il y a dix-sept ans nous étions, grâce à l’implacable régularité cyclique super-prévisible du calendrier grégorien, deviniez quoi ? Le 12 juin.

Il y a seize ans, nous étions justement un Il y a quinze ans qui tombait un 12 juin. Mais pas le même que les autres.

Il y a quinze ans, nous étions la veille du 13 juin et donc le 12. C’était épatant.

Il y a quatorze ans, nous étions encore le 12 juin, croyais-je.

Il y a treize ans, il me semblait, si je me souvenais bien, que, voyiez-vous, nous étions le 12 juin.

Il y a douze ans, nous étions encore et toujours le 12 juin.

Il y a onze ans, et ce grâce — ou à cause, tout dépend du point de vue duquel on se place —, Il y a dix ans, donc, selon — ne nous mouillons point — la marche immuable de l’univers vers le bonheur universel et le progrès mondial, nous étions, si j’avais bien compris, le 12 juin.

Il y a dix ans, nous étions, une fois encore, le 12 juin.

Il y a neuf ans nous étions – ça m’épatera toujours – teniez-vous bien : le 12 juin.

Il y a huit ans nous étions – je regardai mon calendrier des Postes – fichtre alors ! Le 12 juin.

Il y a sept ans nous étions, je pensais que vous l’aviez deviné, le 12 juin.

Il y a six ans nous étions, une fois de plus (apprécions la chance que nous avons), le 12 juin.

Il y a cinq ans nous étions, et ça je venais de m’en apercevoir il y avait 10 minutes de cela… le 12 juin.

Il y a quatre ans nous étions, tralala, le 12 juin… enfin ça c’est ce qu’ILS veulaient nous faire croire.

Il y a trois ans, je venais de constater à l’arrache que nous étions une fois de plus le 12 juin et je tapais ce texte vite vite pour ne pas rater l’express de 18 h qui devait me ramener vers la civilisation.

Il y a deux ans, nous étions le vingtième 12 juin de cette série.

Il y a un an, nous sommes le 12 juin et j’ai encore failli louper le coche.

Aujourd’hui, nous sommes le 15 juin et j’ai complètement laissé passer la date à cause de sombres raisons d’Internet en panne, d’océan de cartons et de livraisons de bidules zoologiques dans tous les sens, une première en 22 ans.

 

 

 

Purée ce journal photographique a 22 ans. Il serait en licence s’il s’avait s’exprimer. C’est fou. Puisse-t-il nous faire une année de plus.

Et merci à vous autres qui le suivez encore. Parfois depuis le début. Quelle fidélité, boudiou.

We lived through another day,
It’s a good excuse to celebrate.

Mais à part ça, rien.

À l’année prochaine, peut-être. À demain, sûrement.

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1 Et 2 années plus tard, je me décidai enfin à vous expliquer pourquoi.2 Que je conseille au passage toujours toujours toujours autant pour les commentaires qu’il fait tout au long du morceau. Il est chez le belögue mort de Vox.