Muse @ Théâtre du Châtelet, Paris.

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BuckcherryAnything Anything (I’ll Give You) (Dramarama cover)

Lire chez le Rod que « … les vrais fans de la première et dernière heure n’ont pas fait les choses à moitié : on chuchote ci et là que les premiers autochtones furent aperçus aux alentours de 8h du matin, » me fait surtout me demander combien d’entre ceux que j’ai vus faire la queue tout autour du théâtre du Châtelet hier soir ― et il y en avait une impressionnante brouette ― étaient déjà là pour Showbiz.

Parce qu’en y repensant, on constate qu’en dix ans et deux jours (Showbiz est sorti le 6 septembre 1999, allez-y pleurez, on est vieux) Muse est passé du statut de groupe de jeunots décolorés à chemise hawaïenne essayant de se défaire du costard de copie aérophage de Radiohead que la presse leur avait taillé, à celui de Queen du XXIe siècle mystique partant du principe que plus c’est grand, mieux c’est, mais tout en clamant qu’en vrai les dinosaures étaient tout petits1. En 1999, Muse passait la nuit sur RTL ou chez Lenoir, était programmé à la Route du Rock et restait un truc d’initiés. Aujourd’hui on les trouve sur NRJ, Virgin Radio, au Parc des Princes et en sonnerie dans ton mobile pour 0,99 € + frais d’envoi du SMS. Ça serait drôle de retourner dix ans en arrière avec une copie de The Resistance sous le bras pour la faire écouter à ceux qui célébraient à l’époque la relève assurée de Radiohead, tiens.

Bref. En ce moment Muse me fait penser à Indochine parce que les fans de la première heure qui, aujourd’hui, suivent toujours le groupe, doivent se compter sur les dauilles d’un pied2. Il n’y a ni mal, ni bien dans cela, c’est l’évolution, la vie, tout ce que tu veux, les gens changent. Quand on voit l’excitation de la foule d’hier soir, on peut rester certain du fait que oui oui, voilà un groupe qui marche très bien et c’est tant mieux puisque ça nous permet de vivre des soirées dans le genre de celle d’hier, durant laquelle le trio de Teignmouth a pu prouver une fois de plus qu’il est toujours aussi énorme sur scène. Les morceaux que certains attendent vraiment perdent juste du terrain face aux extraits du nouvel album pour lequel les autres sont venus, en somme. It’s evolution, baby3.

_____

1 Quoique cette dernière remarque sonne comme le vestige d’une époque amèrement révolue.

2 La comparaison s’arrête là, puisque Muse est mieux coiffé et que son line-up originel est toujours d’actualité.

3 Conclure en anglais c’est toujours la frime, surtout si c’est pour citer du Pearl Jam. Enfin je crois.

15 Commentaire

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Truderépondre
9 septembre 2009 à 13 h 36 min

Rah là là…
J’étais là en 99, j’ai mouillé ma culotte en 2001 la première fois qu’ils sont venus à Lyon, j’ai enchaîné 4 concerts de suite sur la tournée Hullaballoo, pas loin de faire pareil sur Absolution, la dernière fois c’était pas si loin, en 2007, et je constate que malgré la grandiloquence de leur évolution, ces trois gamins ont pris quelques albums et 10 ans, mais n’ont pas tellement changé.

Ca me fait plaisir de voir ces beaux clichés. « Fan de » de la première heure, mais fan toujours, quelquepart 🙂

9 septembre 2009 à 14 h 18 min
– En réponse à: Trude

Entièrement d’accord, pareil ici. J’aurais toujours un truc pour les trois premiers albums et même la moitié du quatrième, pour tout dire. Ce n’est pas parce qu’un groupe n’évolue pas comme on aurait aimé que tout de suite, il faut renier l’ensemble de leur Œuvre.

mobyrépondre
9 septembre 2009 à 22 h 27 min

C’est toujours dur pour les groupes dans les concerts qui ont du succès depuis longtemps.

Faut-il jouer les classiques (réclamés en général) ou jouer des morceaux du nouvel album? Alors que eux tentent d’évoluer et de proposer quelque chose de nouveau, on les ramène toujours à leur passé…
Cas de conscience je trouve.

10 septembre 2009 à 12 h 59 min
– En réponse à: moby

Excellent point, mon cher. Personne ne réagit de la même manière face à cette demande qui, elle, est assez constante :

– Les Rolling Stones ont laissé tomber et enregistrent des albums anecdotiques ne servant que de prétextes à des tournées de stade durant lesquelles ils jouent essentiellement des classiques.
– U2 ont essayé de s’émanciper entre 1993 et 1997, avant de voir que leurs fans ne les suivraient jamais et décider de revenir à des albums consensuels et inutiles sur lesquels tourner [encore deux disques et ils arrivent à l’étape Rolling Stones].
– Radiohead n’en ont rien à battre, font ce qu’ils veulent et se retrouvent avec un panel de partisans éclectique et éclaté.
– Indochine, plutôt que de rester dans le même style de musique, reste dans le même style de gens. Ça fait 25 ans qu’ils ne s’adressent qu’à des 15-20 ans, en se réadaptant à la mode au fur et à mesure pour rester dans le coup. Vivement qu’ils se déguisent en Gros Nases Brothers.
– Muse, eux, donc, changent, se laissent aller à la démesure et attirent tout autant, voire plus de gens. Sans n’avoir à voir avec ce qu’ils firent.

Restent les groupes de Heavy Metal qui font toujours la même chose et qui donc perdent toute innovation, Les punks qui se reforment et reprennent leurs aventures là où ils les avaient laissées, et André Rieu.

batsheeprépondre
13 septembre 2009 à 22 h 15 min
– En réponse à: dpc

voilà résumé en une dizaines de lignes « l’être et le devenir » … et quelle verve …
merci pour ces très belles images et ces quelques lignes

14 septembre 2009 à 10 h 54 min
– En réponse à: batsheep

À ton service 🙂

Guic’ the oldrépondre
11 septembre 2009 à 14 h 50 min

Comme je suis d’accord!!

Il y a un truc vraiment angoissant avec Muse, c’est quo’n a l’impression qu’il ne se rendent pas compte. Pas compte d’à quel point ils chutent, et le pire c’est qu’on ne peut pas leur reprocher d’être putassier, non: le public qui les écoute encore doit être convaincu sincèrement d’écouter « autre chose »…

Je les avais vu sur scène il y a un bout de temps (Avril 2001, à la Cigale, 2 mois avant la sortie d’Origin of Symmetry, concert ou l’on avait découvert des titres comme New Born ou Citizen Erased…). Je ne les ai pas revu depuis, juste des vidéos, mais il faut dire que dès Absolution j’ai commencé à lacher la rampe, et je considère cet album comme pervers: il a une date de péremption nommée « 15 eme écoute ». Et c’est horrible qu’un album qu’on a trouvé génial à la première écoute devienne lassant comme ça.

Le quatrième, écouté par hasard, m’a laissé un gout amer tout en m’offrant nombre de fous rires, mais là, par contre, là… celui là, le dernier, je peux pas.

Mais c’est vrai que sur scène…. (et puis je vais pas faire ma fine bouche: quand on a vu U2 dans un stade, on peut tout voir.)

14 septembre 2009 à 10 h 53 min
– En réponse à: Guic' the old

Merci monsieur.

Oui je pense que leur public est à fond, au vu de l’ambiance de mardi. D’un côté pourquoi pas, hein, c’est le processus normal pour aller découvrir de vieux trucs : écouter de jeunes trucs, décortiquer les influences puis aller découvrir celles-ci soi-même.

Héhé pas faux pour Absolution 🙂

Oui je ne critiquerai pas leur prestations scéniques non plus. Ce serait de la mauvaise foi. Ils sont très bons. Et moi aussi j’ai fait Youtou au Stade de France, note.

Guic’ the oldrépondre
14 septembre 2009 à 14 h 26 min
– En réponse à: dpc

« c’est le processus normal pour aller découvrir de vieux trucs : écouter de jeunes trucs, décortiquer les influences puis aller découvrir celles-ci soi-même. »

Ce sera d’autant plus facile grâce au tout dernier album qu’ils ont sorti… En effet, là ils ont fait un album de reprises sans même s’en rendre compte…

15 septembre 2009 à 11 h 35 min
– En réponse à: Guic' the old

Héhéhé
C’est du Western Spaghetti Incident.

alxhrépondre
16 septembre 2009 à 15 h 50 min

Je me souviens de la première fois que je les ai vu : un best of des festivals sur arte à la fin des 90′. Cheveux bleus, chemises douteuses… mais quel son ! y’a du patator chez ces trois là ! Mais faire un stade ça change un homme comme dirait, ou pas Johnny.

17 septembre 2009 à 12 h 09 min
– En réponse à: alxh

C’est très vrai ça monsieur. Ça est la drogue, bien sûr.

2009 en… #3. | DPCrépondre
28 décembre 2009 à 9 h 33 min

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Muse @ Stade de France, Saint-Denis, 11-12 juin. | DPCrépondre
13 juin 2010 à 16 h 17 min

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28 décembre 2010 à 9 h 19 min

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