The Dead Weather @ la Cigale, Paris.

 The Dead WeatherTreat Me Like Your Mother

J’aurais cru qu’en grandissant, j’aurais arrêté de juger tout ce que fait Jack White avec la plus grande subjectivité. J’aurais cru qu’au moment de le voir sur scène pour la septième fois en cinq ans ― la première de l’ère moderne, ahah j’adore ma nouvelle vie ― avec encore un nouveau groupe1, faire preuve d’une infinie jugeote prête à tailler en pièces son nouveau projet avec la soif de sang d’un chroniqueur de Télérama. Tant qu’à faire, j’aurais également cru pouvoir chouter tranquille depuis le deuxième rang où je m’étais planqué. Mais ça, c’était avant, quand j’étais jeune et naïf.

On passera rapidement sur le fait que les premiers mètres de fosse de la Cigale m’ont englouti dans leur tempête dès la montée en scène du groupe ― au point qu’Eagles of Death Metal et les Subways à côté c’était Pipo et Mollo font du ski ― et que mon salut vint d’un fier compagnon qui risqua sa vie pour m’empêcher de me faire couper en deux2. Tout ce qui compte, c’est que cet anti-Frankenstein musical, créature reconstituée à partir des éléments les plus vivants des Kills, des Raconteurs et des White Stripes, fut à la hauteur de l’attente. La grosse heure que The Dead Weather passa sur scène ne fut qu’un bloc de granit sauvage en pleine gueule, une rave-party capillaire cachant tous les visages de la scène, un festival de déhanchés rock et roll. Je n’ai rien retenu de la setlist, rien suivi des reprises et des compos originales, juste observé ce groupe sans leader ― mais unanimement tourné vers son batteur ― me déverser ses décibels furieux en pleine poire dans une chaleur insupportable jusqu’au complet dessèchement, pendant que volaient les corps sur scène et dans la fosse3. Il n’y a plus qu’à espérer que The Dead Weather se montre tout aussi météortel sur disque… histoire de continuer à me comporter en groupie quelques années de plus.

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1 Y a des gens qui se réveillent avec la gueule de bois un lendemain de grosse murge en réalisant qu’ils ont encore trompé leur copain/copine. Jack White, je l’imagine toujours dans ce genre de situation s’éveiller en se disant « et merde, j’ai encore monté un groupe. »

2 À ce titre merci de pardonner les photos, hein, elle furent tout sauf faciles à prendre.

3 Mention spécial au mec monté sur scène à la fin pour faire un poutou à Alison Mosshart.

13 Commentaire

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30 juin 2009 à 20 h 20 min

OMG la 11.
Je l’attendais depuis tôt ce matin, ce post. Et contrairement à ce que tu as pu préciser, je les trouve vraiment, vraiment chouettes, ces photos : parfaitement représentatives de ce que ça devait être.
(Oui parce que je n’y étais pas, et je crois que je vais m’en vouloir longtemps.)

blythourépondre
1 juillet 2009 à 12 h 53 min

Les photos me donnent chaud, c’est dire… Et ne t’en veut pas te t’enthousiasmer. Le jour où j’arrêterais de m’exciter sur des groupes, je sais que je serai morte. Toi, c’ets pareil.

1 juillet 2009 à 14 h 43 min

Zys> C’est gentil à toi parce que pour ma part, je les trouve bien trop photocopiées [ce qui signifie en langage personnel « noir et blanc ne présentant aucune nuance de gris] mise à part celle en tête d’article. Cela étant j’ai effectivement essayé de retranscrire l’ambiance de mon mieux… En gros c’est une série plus informative qu’autre chose, à mon goût. Mais merci 🙂

Blythou> Waw, merci. Et bonne remarque. Ça me permettra de me comporter en fanatique pas net le jour où je ferai Pearl Jam héhé.

Peterrépondre
27 octobre 2009 à 16 h 29 min
– En réponse à: dpc

Je les attends depuis un moment ceux-là !! Vivement qu’Eddy et sa bande reviennent nous voir à Paris ! …

27 octobre 2009 à 16 h 36 min
– En réponse à: Peter

Ça finira par venir, va. Faut pas désespérer 🙂

Wilfried Von W.répondre
1 juillet 2009 à 18 h 49 min

Très classe..!

2 juillet 2009 à 11 h 12 min

Merci monsieur !

2 juillet 2009 à 15 h 09 min

Un pote y était aussi, qui partagea ton enthousiasme…
J’attends avec impatience l’album et si ça se trouve, en l’écoutant, je vais encore plus regretter de ne pas être venu…

8 juillet 2009 à 10 h 47 min

Plus qu’une semaine et on sera fixé. Faut pas regretter allons, ils finiront bien par revenir. Espérons.

The Dead Weather + Creature with the Atom Brain @ l’Olympia, Paris. | DPCrépondre
29 octobre 2009 à 10 h 29 min

[…] constat sera le même que la dernière fois. À part que l’Olympia fut encore plus mal éclairé que la Cigale, comme […]

The Dead Weather + The Cavaliers @ le Bataclan, Paris | DPCrépondre
1 juillet 2010 à 10 h 40 min

[…] qu’on avait eu trop chaud. Hier c’était pire, bien pire, pire même que la Cigale de l’année dernière avec des morts et tout ; mais pas des morts inutiles, hein, des morts pour la bonne cause […]

2009 en… #3. | DPCrépondre
11 janvier 2011 à 13 h 55 min

[…] The Dead Weather, la Cigale, Paris, 29 juin […]

The Kills + S.C.U.M @ le Bataclan, Paris. | DPCrépondre
7 avril 2011 à 10 h 32 min

[…] Ou au moins lors de la Cigale et du Bataclan du Dède Wézère. Je ne sais plus s’il l’avait aussi […]

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