PJ Harvey & John Parish @ le Bataclan, Paris.

Ah tiens il y a pile trois ans il faisait chaud aussi.

Dans la vie il y a de chouettes soirées où un management sympa et une sécurité super-coule t’entraînent dans des jeux de piste en fosse photo ach’te marrants.

Dans la vie il y a aussi des soirées qu’on te gâche parce que 1/ « non vous ne pouvez pas chouter la première partie, » 2/ « non vous ne pouvez pas entrer avec les fotoaparats pour vous coller tant bien que mal devant la scène au milieu du premier rang, » 3/ « le management fait deux groupes de photographes, le premier pour les 4e et 5e morceaux, le second pour les 9e et 10e, vous serez escortés par un gars de la sécu1 qui vous fera ressortir une fois les deux titres terminés, après il faudra laisser le matériel au vestiaire. »

En fait tout cela ne poserait pas trop de problèmes si la salle était dotée d’une fosse photo. On entre, on se pose dedans, clac clac et tout le monde au bar. Mais ça sert à rien, les fosses photo, tout le monde sait ça, rien ne vaut une bonne série prise de loin depuis le côté de scène au milieu des gens pour donner un petit air de Noire-Neige et les sept pieds de micro fort original à son résultat. Le tout en essuyant son objectif toutes les 20 secondes puisqu’un appareil qu’on passe d’un coup d’un vestiaire tout froid à une salle toute chaude, forcément ça s’embue, nickel pour mettre de jolis effets hamiltoniens sur tout ça. Merci le management. Enfin c’est de ma faute, si je ne m’étais pas fait choper par PJ le nez dans son décolleté en 2004 à Détroit on ne me tiendrait peut-être pas à distance. J’assume, j’assume, ça m’apprendra.

En tout cas le concert fut en demi-teinte. Quand la fille errait tel un fantôme laiteux dans les limbes de ses propres rêves en 2007 on trouvait ça mignon, moi le premier. Quand elle se traîne sur scène avec John Parish, on s’emmerde la moitié du temps. Je passe toute la soirée à repenser à cette excellente analyse de Ska sur le concert de la veille en gardant en mémoire les mêmes titres que lui : Sixteen, Fifteen, Fourteen rêche, Pig Will Not mordant, Taut crachoté et le False Fire du rappel aux vocaux assurés par Parish. Autant de moments de grâce sur lesquels on est content d’être venu entrecoupés de moments de gras comme April, un bel exemple de final foiré, sur lequel on est content de partir. Polly Jean, elle, se barre avec un bouquet que lui tend un fan du premier rang tout enamouré.

Une vraie diva folk, dites donc.

C’est loin 1993, quand même.

 PJ Harvey50ft Queenie

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1 Au demeurant fort sympathique et compréhensif.

11 Commentaire

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blythourépondre
19 mai 2009 à 10 h 53 min

Entièrement d’accord… Trop de longs tunnels emmerdatoires, de poses, de chorégraphies genre Patti Smith, wow, je danse pieds nus et même pas peur des échardes, de couinements de Björkette…
Je crois qu’on peut développer l’équation suivante : Pj en mini = grosse éclate, concert intense. PJ en long = waaaah, j’irais bien me coucher, moi.

Marionrépondre
19 mai 2009 à 11 h 33 min

je dis Yes !

19 mai 2009 à 12 h 06 min

Blythou> Oh punaise bonne idée ! C’est parti.

On a donc tec = ĦeαL avec :

  • tec = Temps d’emmerdement chronique en minutes / heure de concert
  • Ħ = Constante de Harvey en minutes / heure de valeur 2,5132 min.h-1
  • α = Coefficient tiré de l’expérience (α = 4,591 m-1)
  • L = Longueur de la jupe de Polly en mètres.

Exemple 1 : Jupe de 12 cm

tec = ĦeαL = 2,5132 × e(4,591 × 0,12) = 4,36 min.h-1

Exemple 2 : Jupe de 69 cm

tec = ĦeαL = 2,5132 × e(4,591 × 0,69) = 59,7 min.h-1

CQFD ! Merci pour l’idée 🙂

Marion> Yes !

Thierryrépondre
19 mai 2009 à 13 h 26 min

CQFD indeed, ingénieux ingénieur. Je dois d’ailleurs avouer que quand elle a débarqué sur scène, mon exacte première pensée fut : « merde, elle est habillée en long ». On peut penser aussi à un coeff d’ajustement selon la couleur de la robe, peut-être en nombre imaginaire : car si le blanc est souvent synonyme de bonne intensité rock chez elle (cf Rock en Seine), c’était aussi celui du funèbre « White Chalk ». Et à multiplier la racine cubique du nombre total de musiciens…

blythourépondre
19 mai 2009 à 15 h 17 min

N’oublions pas l’âge du roadie et le nombre de pintes sirotées par le public pour survivre à la chaleur au Bataclan et/ou pour dissiper leur ennui.

19 mai 2009 à 17 h 06 min

non mais c’est le grand n’importe quoi les restrictions des managements en concert, ils savent plus quoi inventer comme connerie pour pourrir le métier et nos photos. Ou alors, ils avaient lu ton post traduit avec babelfish à l’aide d’un dico moldave et se sont plantés en essayant de reproduire cette merveilleuse et si bien huilée mécanique Olympiesque, qui avait en outre réussi l’exploit de changer, pour 2h, un tas de gredins à gros zooms en bisounours boy-scouts. Me voilà toute chose rien que d’y repenser tiens (à la mécanique et au concert oui, j’avoue).

23 mai 2009 à 12 h 24 min

Thierry> Effectivement. Quoique d’après la rumeur, le concert du Grand Rex durant la tournée White Chalk fut comme il fallait. Portait-elle sa robe ce soir là ou bien ?

Blythou> L’âge du roadie se calcule en kilogrammes, si je ne m’abuse. Et les pintes… en gallon ?

-ju> Farpaitement d’accord. Car bien sûr pendant qu’on galérait derrière comme des cons, tout le premier rang flashait au compact comme des porcs tranquille le chat. C’est vrai que ça dérange personne sur scène, les flashs dans la gueule, tout le monde sait ça.

Marionrépondre
23 mai 2009 à 14 h 03 min

je confirme au Grand REx elle était en robe longue ! ça change la donne…

MrMeublerépondre
2 juin 2009 à 12 h 50 min

Il s’agit peut être de la review la plus gentille de ce concert que j’ai pu lire sur le net… et pour réussir à dire la vérité en même temps, bravo.

3 juin 2009 à 15 h 14 min

La plus gentille ou la moins méchante ? Héhéhé.
Non mais je peux pas être vraiment méchant avec elle. Elle est trop… PJ Harvey, quoi.

Merci beaucoup en tout cas !

The Dead Weather + The Cavaliers @ le Bataclan, Paris | DPCrépondre
1 juillet 2010 à 10 h 39 min

[…] et dire que quand j’étais jeune et naïf je m’étais plaint du Bataclan de Pidji Harvet l’année dernière parce qu’on avait eu trop chaud, hier c’était pire, bien pire, pire même […]

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