Studios Ferber, Paris, 31 janvier, 22h03.

Pas censé long heurt de temps.


Studios Ferber, Paris, 31 janvier, 22h03.

Résumons. Je suis debout dans une travée de Bercy, entouré par ma sœur et mon père, 4 concerts de Depeche Mode au compteur chacun, et à une centaine de mètre de là, un Gahan torse nu braille à qui veut l’entendre [c’est-à-dire tout le monde] que le silence, paradoxalement, il aime ça. C’est mon premier concert de Depeche Mode. Les 3 autres, je les ai tous loupés. Le 22 octobre 1990, j’étais trop petit, le 29 juin 1993, j’étais trop près du brevet et le 7 octobre 1998, j’avais une interro de Cravero le lendemain.

Mais tout ça, c’est loin. Je suis grand, j’ai le brevet, Cra est en retraite depuis 3 ans et, enfin, rien ne peut m’empêcher d’être là ce soir. Entouré comme il se doit, devant la valeur musicale familiale par excellence, une vraie brochette de héros d’enfance : je ne suis plus qu’une flaque. J’ai beau avoir partagé un bar avec les White, accompagné le chanteur de Cake aux chiottes, approché Carl Barât de presque près, mais tout ça, au final, ça vaut pas un Dave Gahan tout petit et torse nu à 100 m de moi, pendant que ma sœur lève les bras et que mon père chante Personal Jesus. Tout comme cela ne valait pas le tout petit Slash en chapeau, Malboro et Gibson d’il y a deux ans, le soir de Velvet Revolver, ni Gros Robert à Coachella. Tout comme cela ne vaudra pas non plus, j’en suis sûr, mon premier concert de Pearl Jam ou d’Iron Maiden mais-alors-avec-Dickinson-au-chant-parce-qu’avec-Bailey-ça-compte-pas. Des flaques comme jamais t’en as vues, gros.

En fait, voir enfin un héros de l’enfance, ça comble en même temps celui qu’on est et celui que l’on fut. Le gamin de 13 ans qui apprenait les paroles du 101 et qui rêvait [déjà] sur les photos d’Anton Corbijn est sûrement juché sur mon épaule, ce soir, incapable de croire que cela arrive enfin. Ça doit être pour ça que mes flaques sont deux fois plus vastes que d’habitude, à la réflexion : on s’y est mis à deux pour les faire.

Never want to come down,
Never want to put my feet back on the ground.

 Depeche ModeNever Let Me Down Again (live)

/Edit deux jours plus tard : À la réflexion, cette histoire que les flaques les plus grosses qu’on fait, on les fait devant les héros de notre enfance, ça se résume par « C’est dans les vieilles pops qu’on fait les meilleures soupes. »
Voilà.

6 Commentaire

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Frall
24 février 2006 à 10 h 00 min

bon ça va alors, ça n’a pas l’air d’avoir cassé le mythe :o) c’est tjs le problème quand on attend si longtemps qqch… ;o)

Gertrude
24 février 2006 à 18 h 18 min

waow, quel récit, tu te transformes en poète, cher ami.

William Miller
25 février 2006 à 13 h 09 min

Frall> Hé, c’est vrai ça, j’ai pas été déçu, j’avais pas fait gaffe. C’est vrai qu’on est souvent déçu par ce que l’on a attendu longtemps. Mais là, non. La chance 🙂
Trude> Y a encore du boulot, va 😉 Merci!!!

Saryon
25 février 2006 à 14 h 15 min

Bon au moins, avec ça, t’es bon pour 4 ou 5 notes sans texte 😉 C’est quand même énorme de se retrouver en face d’un mec qu’on adule depuis des années!

Ath
25 février 2006 à 14 h 38 min

« accompagné le chanteur de Cake aux chiottes » ya des trucs que tu m’avais cachés … (comment ça, « rien compris » ?) ps: beau blabla, sweetie.

William Miller
25 février 2006 à 14 h 44 min

Saryon> En face, en face, faut le dire vite: il était quand même loin de moi. De même, je ne l’adule plus, je sais même pas si je l’ai adulé un jour, même, puisqu’aduler est un verbe au sens assez fort. Il n’en reste pas moins que ça a fait bizarre, oui, voire fortement.
Ath> Il faut toujours savoir garder une part de mystère, sinon c’est pas drôle.
ps: là tu me touches. Merci, beaucoup.

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